Tao Te King Chapitre 15 : Le commentaire complet

Le contenu suivant propose une analyse approfondie et multi-perspective de chaque phrase de ce chapitre, couvrant les commentaires traditionnels, l'analyse philologique, l'interprétation philosophique et d'autres dimensions. Texte de base : Commentaire de Wang Bi sur le Daode Zhenjing, édition du Zhengtong Daozang
L'étiquette « Combinaison » de chaque interprétation suit le format « caractère + indice de sens » (par ex. « dàoC-A »), indiquant que cette interprétation utilise le sens C de « dào » et le sens A de « ». Voir le glossaire complet à la fin de ce chapitre : [Annexe : Glossaire des caractères clés].

[Phrase 1] zhīshànwèishìzhěwēimiàoxuántōngshēnshí。(Les adeptes du Tao des temps anciens étaient subtils, merveilleux, profonds et pénétrants — si insondables qu'on ne pouvait les connaître.)

Chapitre 15 · Phrase 1 : zhīshànwèishìzhěwēimiàoxuántōngshēnshí

[Interprétation 1] Traditionnelle · Haute fiabilité

Combinaison : A-shànA-wèiA-shìA-wēiA-miàoA-xuánA-tōngA-shēnA-A-A-shíB
Traduction : Dans les temps anciens, ceux qui excellaient dans la pratique du Tao (dào) étaient subtils et merveilleux, profonds et pénétrants — si insondables qu'on ne pouvait les sonder.
Analyse : L'interprétation la plus courante. « shì » (shì) désigne les praticiens du Tao. Les quatre caractères « wēimiàoxuántōng » décrivent ensemble le domaine spirituel de l'homme accompli dans le Tao : subtil, merveilleux, mystérieux et pénétrant. « shēnshí » — leur profondeur ne peut être mesurée. Heshang Gong (shànggōng) commente : « zhìjiéxuánmiàojīngtiāntōngdàoshēnyuǎnshízhī » — « Leurs aspirations sont mystérieuses et merveilleuses ; leur essence communique avec le Ciel. Leur vertu et le Tao sont profonds et lointains, au-delà de toute connaissance. »
Vues similaires : Heshang Gong : « xuántiānyánzhìjiéxuánmiàojīngtiāntōngdàoshēnyuǎnshízhī » — « Xuan signifie le Ciel. Cela dit que leurs aspirations sont mystérieuses et merveilleuses ; leur essence communique avec le Ciel. Leur vertu et le Tao sont profonds et lointains, au-delà de toute connaissance. »
Chapitre 15 · Phrase 1 : zhīshànwèishìzhěwēimiàoxuántōngshēnshí

[Interprétation 2] Traditionnelle · Fiabilité moyenne

Combinaison : A-shànA-wèiB-shìB-wēiB-miàoA-xuánA-tōngA-shēnA-A-A-shíA
Traduction : Dans les temps anciens, ceux qui excellaient en tant que lettrés étaient cachés et merveilleux, profondément pénétrants — si insondables qu'on ne pouvait les reconnaître.
Analyse : « wèishì » est pris au sens de « agir en lettré », et « wēi » au sens de « caché ». L'accent est mis sur le fait que l'homme accompli dans le Tao paraît ordinaire en apparence, dissimulant ses capacités, profondément retiré. Les autres ne voient que son côté commun, ignorant sa profondeur. Cette interprétation met l'accent sur la sagesse de l'adepte consistant à « voiler sa lumière et nourrir dans l'obscurité ».
Vues similaires : Heshang Gong : « nèishìruòmángfǎntīngruòlóngzhīsuǒzhǎng » — « Regardant en soi comme aveugle, écoutant en soi comme sourd — nul ne connaît ses forces. »
Chapitre 15 · Phrase 1 : zhīshànwèishìzhěwēimiàoxuántōngshēnshí

[Interprétation 3] Novatrice · Faible fiabilité

Combinaison : B-shànA-wèiA-shìC-wēiA-miàoA-xuánB-tōngB-shēnA-A-A-shíB
Traduction : Dans la haute antiquité, ceux qui excellaient dans la conduite des affaires étaient subtils et merveilleux, en communication avec la Voie du Ciel — si profonds qu'on ne pouvait les sonder.
Analyse : « » est pris au sens de « très ancien », « shì » est lu comme un emprunt phonétique pour « shì » (affaires), « xuán » au sens de « Ciel », et « tōng » au sens de « communiquer avec ». Cette interprétation souligne que les hommes de la haute antiquité conduisaient les affaires avec subtilité, leur esprit communiquant avec la Voie du Ciel, leur profondeur dépassant toute mesure.
Vues similaires : Heshang Gong : « jīngtiāntōng » — « Leur essence communique avec le Ciel. »

[Phrase 2] wéishíqiángwèizhīróng。(Précisément parce qu'on ne pouvait les sonder, on ne peut que tenter de décrire leur apparence.)

Chapitre 15 · Phrase 2 : wéishíqiángwèizhīróng

[Interprétation 1] Traditionnelle · Haute fiabilité

Combinaison : A-wéiA-qiángA-wèiA-zhīA-róngB
Traduction : Précisément parce qu'ils étaient insondables, on ne peut qu'essayer de décrire leur apparence.
Analyse : L'interprétation la plus courante. « qiáng » est pris au sens de « avec difficulté, en forçant », et « róng » au sens de « décrire ». Le domaine de l'homme accompli dans le Tao est trop profond pour que le langage puisse l'exprimer pleinement ; on ne peut donc qu'employer, à contrecœur, des métaphores pour le dépeindre. Cette phrase sert d'introduction aux sept métaphores qui suivent.
Vues similaires : Wang Bi (wáng) et Heshang Gong considèrent tous deux cette phrase comme le cadre général des sept métaphores suivantes.
Chapitre 15 · Phrase 2 : wéishíqiángwèizhīróng

[Interprétation 2] Novatrice · Fiabilité moyenne

Combinaison : A-wéiA-qiángB-wèiB-zhīA-róngA
Traduction : Précisément parce qu'on ne pouvait les mesurer, on s'efforce de portraiturer leur contenance et leur allure.
Analyse : « qiáng » est pris au sens de « avec acharnement, de toutes ses forces », et « róng » au sens de « contenance ». Cette interprétation ne signifie pas « à contrecœur » (avec un ton d'humble insuffisance), mais plutôt « avec acharnement » (avec une attitude d'effort actif). Laozi déploie tous ses efforts pour saisir par les mots l'allure de l'homme accompli dans le Tao.
Vues similaires : Une lecture positive privilégiée par certains chercheurs modernes.

[Phrase 3] ruòdōngshèchuān;(Prudent et hésitant, comme traversant une rivière en hiver ;)

Chapitre 15 · Phrase 3 : ruòdōngshèchuān

[Interprétation 1] Traditionnelle · Haute fiabilité

Combinaison : A-ruòA-dōngA-shèA-chuānA
Traduction : Prudent et précautionneux, comme traversant une rivière gelée en hiver.
Analyse : L'interprétation la plus courante. « » est pris au sens de « hésitant, prudent ». En hiver, la surface de la rivière est gelée ; en la traversant à gué, on ignore l'épaisseur de la glace, si bien que chaque pas est un test — tremblant d'appréhension. L'homme accompli dans le Tao agit avec une telle prudence, n'osant jamais être téméraire. Wang Bi (wáng) commente : « dōngzhīshèchuānránruòruòqíngjiànzhīmào » — « Traversant une rivière en hiver, on hésite comme si l'on voulait traverser sans vouloir traverser — une apparence dont les véritables sentiments ne peuvent être discernés. »
Vues similaires : Wang Bi : « dōngzhīshèchuānránruòruòqíngjiànzhīmào » — « Traversant une rivière en hiver, on hésite comme si l'on voulait traverser sans vouloir traverser — une apparence dont les véritables sentiments ne peuvent être discernés. »
Chapitre 15 · Phrase 3 : ruòdōngshèchuān

[Interprétation 2] Novatrice · Fiabilité moyenne

Combinaison : B-ruòA-dōngA-shèA-chuānA
Traduction : Vigilant par anticipation, aussi prudent que pour traverser une rivière en hiver.
Analyse : « » est lu comme un emprunt phonétique pour « » (anticiper), signifiant être préparé et vigilant à l'avance. L'homme accompli dans le Tao prévoit toutes les éventualités, faisant ses préparatifs à l'avance, comme on sonde et teste la glace avant de traverser une rivière en hiver.
Vues similaires : Heshang Gong : « shìzhéjiāzhòngshènxīnnánzhī » — « En entreprenant des affaires, on exerce invariablement une prudence redoublée. Le cœur y trouve de la difficulté. »

[Phrase 4] yóuruòwèilín;(Vigilant et sur ses gardes, comme craignant une attaque de tous côtés ;)

Chapitre 15 · Phrase 4 : yóuruòwèilín

[Interprétation 1] Traditionnelle · Haute fiabilité

Combinaison : yóuA-ruòA-wèiA-A-línA
Traduction : Vigilant et alerte, comme se gardant d'attaques des États voisins sur les quatre côtés.
Analyse : « yóu » est pris au sens de « hésitant et incertain », et « lín » au sens de « les quatre États voisins ». Wang Bi (wáng) commente : « língōngzhōngyāngzhīzhǔyóuránzhīsuǒxiàngzhěshàngzhīrénduānzhàojiànyóu » — « Lorsque les quatre voisins attaquent ensemble, le souverain au centre hésite, ne sachant quelle direction prendre. L'homme de la plus haute vertu est pareil — ses prémices ne peuvent être détectées, ses intentions vertueuses ne peuvent être perçues. » L'homme accompli dans le Tao maintient constamment sa vigilance, ne révélant jamais son tranchant.
Vues similaires : Wang Bi : « língōngzhōngyāngzhīzhǔyóuránzhīsuǒxiàngzhě » — « Lorsque les quatre voisins attaquent ensemble, le souverain au centre hésite, ne sachant quelle direction prendre. »
Chapitre 15 · Phrase 4 : yóuruòwèilín

[Interprétation 2] Traditionnelle · Haute fiabilité

Combinaison : yóuA-ruòA-wèiB-A-línB
Traduction : Hésitant et prudent, comme manifestant de la révérence envers tous les voisins alentour.
Analyse : Interprétation de Heshang Gong. « wèi » est pris au sens de « témoigner de la révérence », et « lín » au sens de « voisins ». Comme un homme qui a enfreint la loi et craint que ses voisins ne l'apprennent, l'homme accompli dans le Tao agit avec retenue et déférence, n'osant jamais se laisser aller à l'indulgence. Heshang Gong commente : « jìn退tuìyóuyóuzhìruòrénfànwèilínzhīzhī » — « Ses avancées et retraites sont aussi contraintes que s'il était sous contrôle, comme quelqu'un qui a enfreint la loi et craint que ses voisins ne l'apprennent. »
Vues similaires : Heshang Gong : « jìn退tuìyóuyóuzhìruòrénfànwèilínzhīzhī » — « Ses avancées et retraites sont aussi contraintes que s'il était sous contrôle, comme quelqu'un qui a enfreint la loi et craint que ses voisins ne l'apprennent. »

[Phrase 5] yǎnruòróng;(Solennel et digne, comme un invité ;)

Chapitre 15 · Phrase 5 : yǎnruòróng

[Interprétation 1] Traditionnelle · Haute fiabilité

Combinaison : yǎnA-A-ruòA-róngB
Traduction : Digne et respectueux, aussi courtois qu'un invité.
Analyse : « róng » est un emprunt phonétique pour « » (invité) (certaines éditions écrivent directement « »). L'homme accompli dans le Tao se comporte avec autrui comme un invité — sans jamais outrepasser les limites, sans jamais être présomptueux, maintenant toujours une attitude humble. Heshang Gong commente : « wèizhǔrényǎnránsuǒzàozuò » — « Comme un invité qui montre de la déférence envers son hôte, solennel et sans artifice. »
Vues similaires : Heshang Gong : « wèizhǔrényǎnránsuǒzàozuò » — « Comme un invité qui montre de la déférence envers son hôte, solennel et sans artifice. »
Chapitre 15 · Phrase 5 : yǎnruòróng

[Interprétation 2] Novatrice · Faible fiabilité

Combinaison : yǎnB-A-ruòA-róngA
Traduction : Droit et composé, manifestant une contenance respectueuse.
Analyse : « yǎn » est pris au sens de « droit, ordonné », et « róng » au sens de « contenance, maintien ». Cette interprétation lit « ruòróng » comme « manifestant une contenance respectueuse » plutôt que comme une comparaison. L'homme accompli dans le Tao est extérieurement droit et composé, son maintien naturellement respectueux sans aucun effort délibéré.
Vues similaires : Grammaticalement, « ruò » est lu comme « tel/ainsi » plutôt que « comme ».

[Phrase 6] huànruòbīngzhījiāngshì;(Se dissolvant librement, comme la glace sur le point de fondre ;)

Chapitre 15 · Phrase 6 : huànruòbīngzhījiāngshì

[Interprétation 1] Traditionnelle · Haute fiabilité

Combinaison : huànB-ruòA-bīngA-jiāngA-shìA
Traduction : Ouvert et détaché, comme la glace sur le point de fondre.
Analyse : L'interprétation la plus courante. Au moment où la glace est sur le point de fondre mais n'a pas encore complètement fondu, sa coque rigide commence à s'assouplir et à se dissoudre — l'homme accompli dans le Tao, bien que digne en apparence, est intérieurement libre et doux. Toute rigidité, toute raideur, tout préjugé se dissolvent progressivement.
Vues similaires : Heshang Gong : « huànzhějiěsànshìzhěxiāowángchúqíngkōng » — « Huan signifie se disperser. Shi signifie disparaître. Supprimer les passions et éliminer les désirs, devenant plus vide de jour en jour. »
Chapitre 15 · Phrase 6 : huànruòbīngzhījiāngshì

[Interprétation 2] Traditionnelle · Fiabilité moyenne

Combinaison : huànA-ruòA-bīngA-jiāngA-shìB
Traduction : Se dispersant sans attachement, comme la glace sur le point de se dissoudre et de se libérer.
Analyse : « huàn » est pris au sens de « se disperser », et « shì » au sens de « libérer, relâcher ». L'homme accompli dans le Tao n'a aucun attachement dans l'esprit — comme la glace se transformant en eau, toutes les fixations solides et les positions rigides sont libérées. Cette interprétation met l'accent sur l'état spirituel de « non-attachement » chez le praticien accompli.
Vues similaires : Heshang Gong : « chúqíngkōng » — « Supprimer les passions et éliminer les désirs, devenant plus vide de jour en jour. »

[Phrase 7] dūnruò;(Sincère et authentique, comme un bloc de bois non sculpté ;)

Chapitre 15 · Phrase 7 : dūnruò

[Interprétation 1] Traditionnelle · Haute fiabilité

Combinaison : dūnA-ruòA-A
Traduction : Sincère et substantiel, comme le bois non sculpté.
Analyse : L'interprétation la plus courante. « » (pǔ) est un concept central chez Laozi — l'état naturel du bois non sculpté, symbolisant l'authenticité originelle non altérée par la civilisation et la connaissance. L'homme accompli dans le Tao préserve cette simplicité première, sans ornement ni affectation. Heshang Gong commente : « dūnzhězhìhòuzhěxíngwèifēnnèishǒujīngshénwàiwéncǎi » — « Dun signifie d'une substance épaisse. Pu signifie une forme non encore différenciée. Gardant l'esprit intérieurement, sans embellissement extérieur. »
Vues similaires : Heshang Gong : « dūnzhězhìhòuzhěxíngwèifēnnèishǒujīngshénwàiwéncǎi » — « Dun signifie d'une substance épaisse. Pu signifie une forme non encore différenciée. Gardant l'esprit intérieurement, sans embellissement extérieur. »
Chapitre 15 · Phrase 7 : dūnruò

[Interprétation 2] Traditionnelle · Fiabilité moyenne

Combinaison : dūnB-ruòA-B
Traduction : Earnest et simple, comme naturellement sans ornement.
Analyse : « dūn » est pris au sens de « sincère, sérieux », et « » au sens de « simple, naturel ». Cette interprétation aborde la question sous l'angle des relations humaines : l'homme accompli dans le Tao traite les gens avec sincérité, sans prétention ni artifice, préservant son caractère naturel.
Vues similaires : En accord avec la pensée de Laozi : « manifester la simplicité, embrasser le bois brut » (jiànbào).

[Phrase 8] kuàngruò;(Vaste et ouvert, comme une vallée ;)

Chapitre 15 · Phrase 8 : kuàngruò

[Interprétation 1] Traditionnelle · Haute fiabilité

Combinaison : kuàngA-ruòA-A
Traduction : Vaste et ouvert, comme une vallée profonde de montagne.
Analyse : L'interprétation la plus courante. Une vallée de montagne est spacieuse et vaste, capable de contenir toutes choses — l'homme accompli dans le Tao possède un esprit large et magnanime, humble comme une vallée, englobant tout. Heshang Gong commente : « kuàngzhěkuānzhěkōngyǒugōngmíngsuǒbāo » — « Kuang signifie vaste et large. Gu signifie vide et creux. Sans posséder vertu, mérite ni renom — il n'est rien qu'il ne contienne. » Ceci fait écho au « » (vallée) du chapitre 6 : « shén » (l'esprit de la vallée ne meurt jamais).
Vues similaires : Heshang Gong : « kuàngzhěkuānzhěkōngyǒugōngmíngsuǒbāo » — « Kuang signifie vaste et large. Gu signifie vide et creux. Sans posséder vertu, mérite ni renom — il n'est rien qu'il ne contienne. »
Chapitre 15 · Phrase 8 : kuàngruò

[Interprétation 2] Traditionnelle · Fiabilité moyenne

Combinaison : kuàngB-ruòA-B
Traduction : L'esprit ouvert et large, comme un ravin vide.
Analyse : « kuàng » est pris au sens de « à l'esprit ouvert », et « » au sens de « vide, vacuité ». Cette interprétation se concentre sur la description du domaine spirituel : l'esprit de l'homme accompli dans le Tao est comme une vallée vide — parce qu'elle est vide, elle peut contenir ; parce qu'elle contient, elle est magnanime.
Vues similaires : Synonyme de l'expression chinoise « 怀huáiruò » (aussi humble et réceptif qu'une vallée).

[Phrase 9] hùnruòzhuó;(Se mêlant, comme l'eau trouble ;)

Chapitre 15 · Phrase 9 : hùnruòzhuó

[Interprétation 1] Traditionnelle · Haute fiabilité

Combinaison : hùnA-ruòA-zhuóA
Traduction : Se mêlant et fusionnant, comme l'eau trouble.
Analyse : L'interprétation la plus courante. L'homme accompli dans le Tao ne se distingue pas comme pur et élevé, ne parade pas sa supériorité, mais se mêle au contraire aux gens ordinaires, comme l'eau boueuse — sans ostentation, sans éclat, sans discrimination. Heshang Gong commente : « húnzhěshǒuběnzhēnzhuózhězhàoránzhòngtóngzhuān » — « Hun signifie préserver son authenticité originelle ; zhuo signifie ne pas briller. Se mêlant à la multitude, sans s'affirmer soi-même. » Cette métaphore prépare la phrase ultérieure « shúnéngzhuójìngzhīqīng » (qui peut laisser le trouble se déposer et lentement devenir clair).
Vues similaires : Heshang Gong : « húnzhěshǒuběnzhēnzhuózhězhàoránzhòngtóngzhuān » — « Hun signifie préserver son authenticité originelle ; zhuo signifie ne pas briller. Se mêlant à la multitude, sans s'affirmer soi-même. »
Chapitre 15 · Phrase 9 : hùnruòzhuó

[Interprétation 2] Traditionnelle · Fiabilité moyenne

Combinaison : hùnB-ruòA-zhuóB
Traduction : Substantiel et sans prétention, comme immergé dans le monde profane.
Analyse : « hùn » est pris au sens de « substantiel, brut », et « zhuó » au sens de « mondain, profane ». L'homme accompli dans le Tao ne diffère en rien des gens ordinaires en apparence, voire paraît quelque peu rustre — il ne recherche pas l'élégance ou la pureté extérieures mais vit naturellement dans le monde, tel qu'il est. Ce sens est en accord avec la pensée de Laozi : « tempérer sa lumière et se joindre à la poussière » (guāngtóngchén).
Vues similaires : En accord avec le chapitre 4 du Tao Te King : « guāngtóngchén » — « Tempérez votre lumière et joignez-vous à la poussière. »

[Phrase 10] shúnéngzhuójìngzhīqīng?(Qui peut laisser le trouble se déposer par le calme et devenir lentement clair ?)

Chapitre 15 · Phrase 10 : shúnéngzhuójìngzhīqīng

[Interprétation 1] Traditionnelle · Haute fiabilité

Combinaison : shúA-zhuóA-A-jìngA-zhīA-A-qīngB
Traduction : Qui peut laisser l'eau trouble se déposer par le calme et lentement devenir claire ?
Analyse : L'interprétation la plus courante. Lorsque l'eau boueuse est laissée au repos, les sédiments se déposent d'eux-mêmes et l'eau devient naturellement claire — aucune force extérieure n'est nécessaire pour la purifier de force. Cette métaphore décrit la méthode de culture de l'esprit du praticien accompli : plutôt que de chasser de force les pensées parasites, on laisse simplement l'esprit devenir calme, et les pensées parasites se retireront naturellement. Wang Bi (wáng) commente : « zhuójìngqīng……ránzhīdào » — « Le trouble, lorsqu'il est apaisé, atteint la clarté… c'est la Voie naturelle. » Heshang Gong commente : « shuínéngzhīshuǐzhīzhuózhǐérjìngzhīqīng » — « Qui peut savoir qu'il faut arrêter la turbidité de l'eau et l'apaiser, pour qu'elle se clarifie graduellement d'elle-même. »
Vues similaires : Wang Bi : « zhuójìngqīngránzhīdàoshúnéngzhěyánnán » — « Le trouble, lorsqu'il est apaisé, atteint la clarté ; c'est la Voie naturelle. "Qui peut" exprime la difficulté. »
Chapitre 15 · Phrase 10 : shúnéngzhuójìngzhīqīng

[Interprétation 2] Traditionnelle · Fiabilité moyenne

Combinaison : shúA-zhuóB-B-jìngB-zhīB-A-qīngA
Traduction : Qui peut, au milieu de la turbulence et de la confusion, s'appuyer sur la tranquillité pour atteindre graduellement la clarté ?
Analyse : « zhuó » est pris au sens de « état de trouble intérieur », « » au sens de « au moyen de », et « jìng » au sens de « état de tranquillité ». Cette interprétation lit « zhuó » comme la condition de vivre dans un monde chaotique — demeurer dans des temps troublés et s'appuyer sur la tranquillité intérieure pour atteindre graduellement une clarté lucide. Elle met l'accent sur la culture du praticien au sein de la poussière du monde.
Vues similaires : Fait écho à la phrase précédente « hùnruòzhuó » — le praticien accompli cherche la clarté au sein du trouble.

[Phrase 11] shúnéngānjiǔdòngzhīshēng?(Qui peut, par un calme prolongé, faire naître graduellement la vie ?)

Chapitre 15 · Phrase 11 : shúnéngānjiǔdòngzhīshēng

[Interprétation 1] Traditionnelle · Haute fiabilité

Combinaison : shúA-ānA-A-jiǔA-dòngB-zhīB-A-shēngA
Traduction : Qui peut, à partir d'un état de repos, maintenir le mouvement dans la durée et faire graduellement naître une nouvelle vie ?
Analyse : L'interprétation la plus courante, formant un parallélisme avec la phrase précédente « zhuójìngzhīqīng ». Le repos n'est pas un état de mort — dans un repos prolongé, la vitalité s'accumule, et finalement une nouvelle vie éclôt. Wang Bi (wáng) commente : « āndòngshēngránzhīdào » — « Le calme, lorsqu'il est mis en mouvement, engendre la vie ; c'est la Voie naturelle. » C'est précisément la pensée dialectique selon laquelle « de l'extrême du repos naît le mouvement ».
Vues similaires : Wang Bi : « āndòngshēngránzhīdàoshúnéngzhěyánnán » — « Le calme, lorsqu'il est mis en mouvement, engendre la vie ; c'est la Voie naturelle. "Qui peut" exprime la difficulté. »
Chapitre 15 · Phrase 11 : shúnéngānjiǔdòngzhīshēng

[Interprétation 2] Traditionnelle · Fiabilité moyenne

Combinaison : shúA-ānA-B-jiǔA-dòngA-zhīA-A-shēngB
Traduction : Qui peut maintenir la tranquillité et, par une action prolongée, atteindre graduellement la longévité ?
Analyse : Interprétation de Heshang Gong, mettant l'accent sur la culture de la santé et de la longévité : en maintenant le repos pendant une longue période, on peut lentement atteindre la longue vie. « shēng » est pris au sens de « survie, longévité ». Heshang Gong commente : « shuínéngānjìngjiǔzhǎngshēng » — « Qui peut rester en repos longtemps et atteindre graduellement la longue vie. » Cette interprétation place toute la phrase dans le cadre de l'entretien de la vie et de la culture de la santé.
Vues similaires : Heshang Gong : « shuínéngānjìngjiǔzhǎngshēng » — « Qui peut rester en repos longtemps et atteindre graduellement la longue vie. »

[Phrase 12] bǎodàozhěyíng。(Ceux qui préservent ce Tao ne recherchent pas la plénitude.)

Chapitre 15 · Phrase 12 : bǎodàozhěyíng

[Interprétation 1] Traditionnelle · Haute fiabilité

Combinaison : bǎoA-A-dàoA-A-A-yíngA
Traduction : Ceux qui préservent ce Tao (dào) ne recherchent pas la plénitude.
Analyse : L'interprétation la plus courante. « yíng » signifie plein — la lune décroît quand elle est pleine, l'eau déborde quand elle est pleine. L'homme accompli dans le Tao comprend profondément que l'excès mène à son contraire, et par conséquent ne poursuit pas la plénitude ni le débordement. Wang Bi (wáng) commente : « yíng » — « Ce qui est plein doit déborder. » Heshang Gong commente : « bǎoshēngzhīdàoshētàiyíng » — « Préserver ce Tao de la vie graduelle, et ne pas désirer l'extravagance, l'excès ni le débordement. » C'est la pensée du chapitre 9 : « chíéryíngzhī » — « Tenir et remplir jusqu'au bord n'est pas aussi bon que s'arrêter à temps. »
Vues similaires : Wang Bi : « yíng » — « Ce qui est plein doit déborder. » Heshang Gong : « bǎoshēngzhīdàoshētàiyíng » — « Préserver ce Tao de la vie graduelle, et ne pas désirer l'extravagance, l'excès ni le débordement. »
Chapitre 15 · Phrase 12 : bǎodàozhěyíng

[Interprétation 2] Traditionnelle · Fiabilité moyenne

Combinaison : bǎoB-A-dàoB-A-A-yíngB
Traduction : Ceux qui sauvegardent le grand Tao ne recherchent pas l'auto-satisfaction.
Analyse : « bǎo » est pris au sens de « sauvegarder », et « yíng » au sens de « auto-satisfaction, suffisance ». Cette interprétation se concentre sur la culture morale : celui qui a atteint le Tao sauvegarde l'essence du Tao et doit en tout temps se garder de la suffisance — car dès qu'on devient suffisant, on commence à s'écarter du Tao.
Vues similaires : En lien avec la pensée du chapitre 9 du Tao Te King : « gōngsuìshēn退tuìtiānzhīdào » — « Se retirer une fois l'œuvre accomplie, c'est la Voie du Ciel. »

[Phrase 13] wéiyíngnéngxīnchéng。(Précisément parce qu'ils ne recherchent pas la plénitude, ils peuvent rester usés sans jamais avoir besoin de renouvellement.)

Chapitre 15 · Phrase 13 : wéiyíngnéngxīnchéng

[Interprétation 1] Traditionnelle · Haute fiabilité

Combinaison : B-B-xīnB-chéngA
Traduction : Précisément parce qu'ils ne recherchent pas la plénitude, ils peuvent rester dans leur état ancien sans avoir besoin de renouvellement ni de rénovation.
Analyse : « » est un emprunt phonétique pour « » (usé, vieux), et « xīnchéng » signifie « renouveler, rénover ». Précisément parce qu'ils ne deviennent pas pleins, il n'y a ni usure ni besoin de réparation ou de renouvellement — ils maintiennent éternellement leur état originel sans avoir à poursuivre constamment de nouvelles réalisations. Cette interprétation est en accord avec le plaidoyer de Laozi en faveur de la simplicité et contre l'ornementation.
Vues similaires : Le commentaire de Wang Bi implique ce sens : parce qu'ils ne recherchent pas la plénitude, ils n'ont pas besoin de couvrir l'ancien pour chercher de nouvelles réalisations.
Chapitre 15 · Phrase 13 : wéiyíngnéngxīnchéng

[Interprétation 2] Traditionnelle · Haute fiabilité

Combinaison : A-A-xīnA-chéngB
Traduction : Précisément parce qu'ils ne recherchent pas la plénitude, ils peuvent se dissimuler et ne pas poursuivre de nouvelle renommée ni de nouvelles réalisations.
Analyse : Interprétation de Heshang Gong. « » est pris au sens de « dissimuler, cacher », et « xīnchéng » au sens de « renommée et réalisations ». L'homme accompli dans le Tao cache son éclat et ne poursuit pas de nouvelles réalisations. Heshang Gong commente : « néngshǒuwèixīnchéngzhěguāngróngxīnchéngzhěguìgōngmíng » — « Il peut maintenir la dissimulation et ne pas poursuivre de nouvelles réalisations. Bi signifie cacher sa gloire. Xin cheng signifie valoriser le mérite et la renommée. » Parce qu'ils ne sont pas pleins, ils se contentent de rester cachés, sans étaler leurs réalisations.
Vues similaires : Heshang Gong : « zhěguāngróngxīnchéngzhěguìgōngmíng » — « Bi signifie cacher sa gloire. Xin cheng signifie valoriser le mérite et la renommée. »
Chapitre 15 · Phrase 13 : wéiyíngnéngxīnchéng

[Interprétation 3] Novatrice · Fiabilité moyenne

Combinaison : C-B-xīnB-chéngA
Traduction : Précisément parce qu'ils ne recherchent pas la plénitude, ils peuvent abriter toutes choses sans avoir besoin de créer à nouveau.
Analyse : « » est pris au sens de Wang Bi de « couvrir, abriter ». Parce que le Tao ne recherche pas la plénitude, il peut abriter toutes choses — comme le dais du Ciel, comme l'embrassement d'une vallée — et il n'a jamais besoin de détruire l'ancien pour construire du neuf. Cette interprétation a des connotations cosmologiques : la transformation créatrice du Tao est éternelle et continue, et non un processus de destruction de l'ancien pour établir le nouveau.
Vues similaires : Wang Bi : « gài » — « Bi signifie couvrir. »

Résumé du chapitre

Ce chapitre contient 28 combinaisons d'interprétation.

[Divergences fondamentales]

Le chapitre 15 est le portrait classique que Laozi dresse de l'homme accompli dans le Tao. Il s'ouvre en identifiant la caractéristique fondamentale des adeptes accomplis de l'antiquité : « wēimiàoxuántōngshēnshí » (subtils, merveilleux, mystérieux et pénétrants — si profonds qu'on ne peut les sonder). Laozi esquisse alors leur portrait à travers sept métaphores exquises : ruòdōngshèchuān (prudent comme marchant sur une glace fine en hiver), yóuruòwèilín (vigilant comme assiégé de tous côtés), yǎnruòróng (solennel comme un invité observant les convenances), huànruòbīngzhījiāngshì (se dissolvant naturellement comme la glace commençant à fondre), dūnruò (sincère et substantiel comme le bois non sculpté), kuàngruò (vaste et ouvert comme une vallée vide), hùnruòzhuó (se mêlant au monde comme l'eau trouble). Ces sept métaphores présentent l'esthétique paradoxale de l'adepte : prudent sans être timide, vigilant sans être paranoïaque, solennel sans être rigide, se dissolvant tout en gardant ses principes, simple sans être ignorant, vaste sans être creux, trouble sans être dégradé. Les deux dernières phrases concluent par des questions rhétoriques : Qui peut laisser le trouble se déposer par le calme et devenir graduellement clair ? Qui peut du repos faire surgir le mouvement et faire naître graduellement la vie ? Ceux qui gardent ce Tao ne recherchent pas la plénitude ; précisément parce qu'ils ne sont pas pleins, ils peuvent rester usés sans jamais avoir besoin de renouvellement, traversant les âges. Ce chapitre présente l'idéal de caractère humain de Laozi à travers le langage de l'imagerie et constitue l'un des passages les plus puissants littérairement du Tao Te King.

Annexe : Glossaire des caractères clés

A. [n.] Temps anciens ; haute antiquité
Source : Sens originel. Shuowen Jiezi : « » (Gǔ signifie le passé).
B. [adj.] Très ancien ; primordial
Source : Sens étendu
zhī
A. [part.] De (particule possessive)
Source : Particule structurelle
B. [part.] Particule modale ; sans sens substantiel
Source : Particule
shàn
A. [adj.] Habile à ; expert en
Source : Mencius : « shànzhànzhěshàngxíng » (Ceux habiles à la guerre méritent le plus lourd châtiment).
wèi
A. [v.] Pratiquer ; cultiver ; poursuivre
Source : Entretiens : « wèirényóu » (Pratiquer la bienveillance dépend de soi-même).
B. [v.] Servir de ; agir comme
Source : Sens fondamental
shì
A. [n.] Praticien du Tao ; celui qui a atteint le Tao
Source : Référence spécifique à ceux qui cultivent le Tao. Heshang Gong commente : « wèidàozhījūn » (Désigne un souverain qui a atteint le Tao).
B. [n.] Personne de savoir et de vertu ; lettré
Source : Entretiens : « shìhóng » (Un lettré doit être à l'esprit large et résolu).
C. [n.] Affaires ; entreprises (emprunt phonétique pour « shì »)
Source : Certains érudits considèrent « shì » comme un emprunt pour « shì » (affaires) ; « shànwèishì » signifie alors « habile à gérer les affaires »
zhě
A. [part.] Celui qui… ; ceux qui…
Source : Sens fondamental
wēi
A. [adj.] Subtil ; menu
Source : Guangya : « wēixiǎo » (Wēi signifie petit). Étendu au sens de subtil
B. [adj.] Caché ; dissimulé
Source : Shuowen Jiezi : « wēiyǐnxíng » (Wēi signifie se mouvoir dans la dissimulation). Le sens originel contient la notion de dissimulation
miào
A. [adj.] Merveilleux ; prodigieux
Source : Wang Bi commente : « miàozhěwēizhī » (Le merveilleux est le comble du subtil).
xuán
A. [adj.] Profond et obscur ; lointain et mystérieux
Source : Shuowen Jiezi : « xuányōuyuǎn » (Xuán signifie profond et lointain).
B. [adj.] Ciel ; Voie du Ciel
Source : Heshang Gong commente : « xuántiān » (Xuán signifie le Ciel).
tōng
A. [adj.] Pénétrant ; comprenant en profondeur
Source : Sens fondamental. Sans obstruction ni empêchement
B. [v.] Communiquer avec ; être en liaison avec
Source : Heshang Gong commente : « jīngtiāntōng » (L'essence communique avec le Ciel).
shēn
A. [adj.] Profond ; d'une grande profondeur
Source : Commentaire du Tao Te King : « shēn » (Si profond qu'on ne peut le mesurer).
A. [adv.] Ne pas ; ne peut pas
Source : Sens fondamental
B. [conj.] Et ne pas ; sans (conjonction)
Source : Reliant deux actions successives
A. [v.] Pouvoir ; être capable de
Source : Sens fondamental
shí
A. [v.] Reconnaître ; discerner
Source : Shuowen Jiezi : « shízhī » (Shí signifie connaître).
B. [v.] Sonder ; mesurer
Source : Sens étendu. Comprendre en profondeur la nature intime
A. [part.] Particule introductive ; sert à introduire un discours
Source : Sens fondamental
wéi
A. [adv.] Précisément parce que ; uniquement parce que
Source : Adverbe causal
A. [conj.] C'est pourquoi ; par conséquent
Source : Sens fondamental
qiáng
A. [adv.] À contrecœur ; avec difficulté
Source : Le sens originel est un arc puissant ; étendu au sens de faire effort
B. [adv.] Avec acharnement ; de toutes ses forces
Source : Sens étendu
róng
A. [n.] Contenance ; apparence extérieure ; allure
Source : Shuowen Jiezi : « róngshèng » (Róng signifie contenir). Étendu au sens de maintien et apparence
B. [v.] Décrire ; dépeindre
Source : Sens étendu. Dessiner par les mots
A. [adj.] Hésitant ; prudemment délibéré
Source : Wang Bi commente : « ránruòruò » (Hésitant comme voulant traverser sans vouloir traverser).
B. [adj.] Préparé à l'avance ; vigilant
Source : Emprunt phonétique pour « » (préparer). Contient le sens de précaution
A. [part.] Particule modale
Source : Sens fondamental
ruò
A. [v.] Comme si ; tel que
Source : Erya : « ruò » (Ruò signifie comme).
dōng
A. [n.] Hiver ; la saison hivernale
Source : Sens fondamental
shè
A. [v.] Traverser à gué ; passer une rivière à pied
Source : Shuowen Jiezi : « shèxíngshuǐ » (Shè signifie traverser l'eau profonde à pied).
chuān
A. [n.] Rivière ; cours d'eau
Source : Shuowen Jiezi : « chuānguàn穿chuāntōngliúshuǐ » (Chuān signifie eau coulant de part en part).
yóu
A. [adj.] Hésitant et incertain ; prudemment alerte
Source : « yóu » désigne à l'origine un type de primate connu pour sa nature soupçonneuse ; étendu au sens d'hésitant
wèi
A. [v.] Craindre ; redouter
Source : Shuowen Jiezi : « wèiè » (Wèi signifie détester/redouter).
B. [v.] Révérer ; tenir en respect
Source : Sens étendu. Contient le sens de respect
A. [num.] Quatre ; sur les quatre côtés
Source : Sens fondamental
lín
A. [n.] États voisins ; États sur les quatre côtés
Source : Wang Bi commente : « língōngzhōngyāngzhīzhǔ » (Les quatre voisins attaquent ensemble ; le souverain au centre).
B. [n.] Voisins ; gens des alentours
Source : Heshang Gong commente : « ruòrénfànwèilínzhīzhī » (Comme quelqu'un qui a enfreint la loi, craignant que ses voisins ne l'apprennent).
yǎn
A. [adj.] Solennel et respectueux d'apparence
Source : Shuowen Jiezi : « yǎnángtóu » (Yǎn signifie lever la tête). Étendu au sens de digne
B. [adj.] Droit et ordonné
Source : Sens étendu
A. [part.] Particule modale ; renforçant le ton descriptif
Source : Sens fondamental
huàn
A. [adj.] Se dispersant ; se dissolvant
Source : Heshang Gong commente : « huànzhějiěsàn » (Huàn signifie se disperser).
B. [adj.] Libre et détaché ; sans contrainte
Source : Sens étendu. La manière libre de la glace qui fond
bīng
A. [n.] Glace
Source : Sens fondamental
jiāng
A. [adv.] Sur le point de ; à la veille de
Source : Sens fondamental
shì
A. [v.] Fondre ; se dissoudre
Source : Heshang Gong commente : « shìzhěxiāowáng » (Shì signifie disparaître/se dissoudre).
B. [v.] Libérer ; relâcher
Source : Shuowen Jiezi : « shìjiě » (Shì signifie délier).
dūn
A. [adj.] Sincère et substantiel ; solide et sans prétention
Source : Heshang Gong commente : « dūnzhězhìhòu » (Dūn signifie d'une substance épaisse).
B. [adj.] Sérieux ; sincère
Source : Sens étendu
A. [n.] Bois non sculpté ; bois dans son état naturel
Source : Shuowen Jiezi : « » (Pǔ signifie bois brut). C'est-à-dire le bois dans sa couleur d'origine
B. [adj.] Simple ; naturel et sans ornement
Source : Sens étendu. L'état naturel non touché par l'artifice humain
kuàng
A. [adj.] Vaste ; spacieux
Source : Heshang Gong commente : « kuàngzhěkuān » (Kuàng signifie vaste et large).
B. [adj.] À l'esprit ouvert ; magnanime
Source : Sens étendu
A. [n.] Vallée de montagne ; vallée vide
Source : Heshang Gong commente : « zhěkōng » (Gǔ signifie vide et creux).
B. [n.] Lieu de vacuité (métaphore du vide du Tao)
Source : Dans la philosophie de Laozi, « » (vallée) symbolise la réceptivité vide
hùn
A. [adj.] Se mêlant ; fusionnant sans distinction
Source : Heshang Gong commente : « húnzhěshǒuběnzhēn » (Hún signifie préserver son authenticité originelle). hún et hùn sont interchangeables
B. [adj.] Substantiel et brut ; robuste dans sa simplicité
Source : Sens étendu. Un tout unifié sans différenciation
zhuó
A. [adj.] Trouble ; boueux
Source : L'opposé de « qīng » (clair)
B. [adj.] Mondain ; ne prétendant pas être pur et élevé
Source : Sens étendu. Se mêlant au monde
shú
A. [pron.] Qui
Source : Heshang Gong commente : « shúshuí » (Shú signifie qui).
néng
A. [v.] Pouvoir ; être capable de
Source : Sens fondamental
A. [conj.] Et ; afin de (reliant moyen et but)
Source : Conjonction
B. [prep.] Au moyen de ; par le biais de
Source : Préposition
jìng
A. [v.] Apaiser ; faire se déposer (usage causatif)
Source : Usage causatif
B. [adj.] Calme ; tranquille
Source : Sens originel
A. [adv.] Lentement ; graduellement
Source : Wang Bi commente : « zhěxiángshèn » (Xú signifie prudent et délibéré).
qīng
A. [adj.] Clair ; limpide
Source : L'opposé de « zhuó » (trouble)
B. [v.] Devenir clair ; se clarifier
Source : Adjectif employé comme verbe
ān
A. [adj.] Tranquille ; en repos
Source : Sens fondamental
jiǔ
A. [adv.] Longtemps ; durablement
Source : Sens fondamental
dòng
A. [v.] Agir ; se mouvoir
Source : L'opposé de « jìng » (calme)
B. [v.] S'éveiller ; germer (force vitale)
Source : Étendu au sens de l'éclosion de la vitalité
shēng
A. [v.] Naître ; surgir
Source : Shuowen Jiezi : « shēngjìnxiàngcǎoshēngchūshàng » (Shēng signifie avancer. Pictogramme de plantes poussant hors de la terre).
B. [v.] Vivre ; survivre
Source : Sens étendu
bǎo
A. [v.] Préserver ; maintenir
Source : Sens étendu du Shuowen Jiezi
B. [v.] Sauvegarder ; protéger
Source : Sens fondamental
A. [pron.] Ceci ; ceux-ci
Source : Sens fondamental
dào
A. [n.] Le Tao ; le principe susmentionné (renvoyant au principe de laisser le trouble se déposer vers la clarté et le repos s'éveiller vers la vie)
Source : Référence au contenu précédent
B. [n.] Le Tao ; la réalité et le principe ultimes de l'univers
Source : Concept central de la philosophie de Laozi
A. [v.] Désirer ; rechercher
Source : Sens fondamental
yíng
A. [adj.] Plein ; débordant
Source : Shuowen Jiezi : « yíngmǎn » (Yíng signifie un récipient rempli jusqu'au bord).
B. [adj.] Suffisant ; satisfait de soi
Source : Sens étendu
A. [v.] Dissimuler ; cacher
Source : Heshang Gong commente : « zhěguāngróng » (Bì signifie cacher sa gloire).
B. [adj.] Usé ; vieux (emprunt phonétique pour « »)
Source : Emprunt pour « ». « » est interchangeable avec « », signifiant usé et vieux
C. [v.] Couvrir ; abriter
Source : Wang Bi commente : « gài » (Bì signifie couvrir).
xīn
A. [adj.] Nouveau ; tout neuf
Source : L'opposé de « jiù » (vieux)
B. [v.] Renouveler ; rénover
Source : Usage verbal
chéng
A. [v.] Accomplir ; réaliser
Source : Sens fondamental
B. [n.] Réalisations ; renommée et mérite
Source : Sens étendu