Tao Te King Chapitre 4 : Le commentaire complet

Le contenu suivant propose une analyse approfondie et multi-perspective de chaque phrase de ce chapitre, couvrant les commentaires traditionnels, l'analyse philologique, l'interprétation philosophique et d'autres dimensions. Texte de base : Commentaire de Wang Bi sur le Daode Zhenjing, édition du Zhengtong Daozang
L'étiquette « Combinaison » de chaque interprétation suit le format « caractère + indice de sens » (par ex. « dàoC-A »), indiquant que cette interprétation utilise le sens C de « dào » et le sens A de « ». Voir le glossaire complet à la fin de ce chapitre : [Annexe : Glossaire des caractères clés].

[Phrase 1] dàochōngéryòngzhīhuòyíng。(Le Tao est vide comme un vase, et pourtant son usage est inépuisable.)

Chapitre 4 · Phrase 1 : dàochōngéryòngzhīhuòyíng

[Interprétation 1] Traditionnelle · Haute fiabilité

Combinaison : dàoA-chōngA-huòA-yíngA
Traduction : Le Tao (dào) est vide et creux ; quand on l'emploie, il semble ne jamais se remplir.
Analyse : C'est l'interprétation la plus répandue. La nature essentielle du Tao est le vide ; précisément parce qu'il est vide, il est inépuisable et ne déborde jamais. En prenant pour métaphore un récipient creux qui ne peut contenir des choses que parce qu'il est vide, cette lecture souligne la fonction infinie du « vide » ().
Vues similaires : Wang Bi (« xíngchōngéryòngzhīyòuyíng » — « Parce qu'il n'a pas de forme, il est vide quand on l'emploie et ne se remplit jamais »).
Chapitre 4 · Phrase 1 : dàochōngéryòngzhīhuòyíng

[Interprétation 2] Novatrice · Fiabilité moyenne

Combinaison : dàoA-chōngB-huòB-yíngA
Traduction : Le Tao jaillit sans cesse comme de l'eau ; quel que soit l'usage qu'on en fait, il ne déborde jamais.
Analyse : Ici, « chōng » est pris dans le sens de jaillissement. Le Tao est comme une source intarissable, coulant sans fin. Cette lecture met l'accent sur la puissance génératrice inépuisable du Tao en tant que source de toutes choses.
Vues similaires : Cela fait écho au chapitre 45 : « yíngruòchōngyòngqióng » (« La grande plénitude semble vide ; son usage est inépuisable »).
Chapitre 4 · Phrase 1 : dàochōngéryòngzhīhuòyíng

[Interprétation 3] Traditionnelle · Fiabilité moyenne

Combinaison : dàoA-chōngC-huòA-yíngB
Traduction : La nature du Tao est harmonieuse et humble ; lorsqu'il exerce sa fonction, il ne devient jamais suffisant ni vaniteux.
Analyse : Lecture axée sur la cultivation, issue de la tradition de Heshanggong. Ici, « chōng » prend le sens d'humilité harmonieuse, et « yíng » celui de suffisance vaniteuse. Le Tao est grand précisément parce qu'il reste toujours humble et ne s'enorgueillit jamais. Cette interprétation oriente vers la cultivation de soi — le Sage (shèngrén) imite le Tao et demeure humble comme une vallée vide.
Vues similaires : Heshanggong (« dàoyòngzhīrénhuònéngmǎnyíngzhě » — « Quand le Tao s'applique aux affaires humaines, il ne peut peut-être pas devenir plein et débordant »).
Chapitre 4 · Phrase 1 : dàochōngéryòngzhīhuòyíng

[Interprétation 4] Novatrice · Fiabilité moyenne

Combinaison : dàoB-chōngA-huòB-yíngC
Traduction : Les lois qui gouvernent le ciel et la terre sont comme le vide lui-même — elles ne peuvent jamais être épuisées par l'usage.
Analyse : Ici, « dào » est compris comme la loi naturelle ; « chōng » sert de métaphore pour le caractère informe de ces lois, et « yíng » pour leur applicabilité pérenne — elles ne s'épuisent jamais par l'usage. C'est une lecture relevant de la philosophie naturelle.
Vues similaires : Cela résonne avec le chapitre 35 : « dàozhīchūkǒudànwèi » (« Quand le Tao est exprimé en paroles, il est fade et sans saveur »).

[Phrase 2] yuānshìwànzhīzōng。(Insondable ! Il semble être l'ancêtre de toutes choses.)

Chapitre 4 · Phrase 2 : yuānshìwànzhīzōng

[Interprétation 1] Traditionnelle · Haute fiabilité

Combinaison : yuānA-zōngA
Traduction : Il est d'une profondeur insondable — il semble être la racine et l'origine de toutes choses.
Analyse : C'est l'interprétation la plus répandue. Le Tao est incommensurablement profond, tel l'ancêtre et la source originelle de toutes choses. « yuān » décrit le caractère insondable du Tao, tandis que « zōng » identifie son statut ontologique — le fondement ultime de toutes choses.
Vues similaires : Wang Bi (« yuānshìwànzhīzōngyánchùbēiértóng » — « Insondable, il semble être l'ancêtre de toutes choses — c'est dire qu'il demeure dans la bassesse et ne peut être assimilé à rien »).
Chapitre 4 · Phrase 2 : yuānshìwànzhīzōng

[Interprétation 2] Traditionnelle · Haute fiabilité

Combinaison : yuānB-zōngB
Traduction : Il est comme un abîme profond — il semble être le souverain de toutes choses.
Analyse : En utilisant un bassin profond comme analogie concrète — le Tao est aussi profondément calme et silencieux qu'un abîme, et pourtant il est le souverain vers lequel toutes choses se tournent. Cela exprime l'unité de l'humilité du Tao et de son autorité suprême.
Vues similaires : Heshanggong (« dàoyuānshēnzhīshìwànzhīsuǒzōng » — « Le Tao est si insondablement profond qu'il ne peut être connu ; il semble être ce à quoi toutes choses rendent hommage »).
Chapitre 4 · Phrase 2 : yuānshìwànzhīzōng

[Interprétation 3] Novatrice · Fiabilité moyenne

Combinaison : yuānC-zōngC
Traduction : Il est le confluent où toutes choses se rassemblent — il semble être la destination ultime de toutes choses.
Analyse : « yuān » et « zōng » sont tous deux pris dans le sens de « rassemblement ». Le Tao n'est pas seulement la source d'où émergent toutes choses, mais aussi la destination vers laquelle elles retournent finalement. Cette lecture met l'accent sur la fonction de convergence du Tao — toutes choses sortent du Tao et y reviennent.
Vues similaires : Cela fait écho au chapitre 16 : « wànbìngzuòguānyúnyúnguīgēn » (« Toutes choses s'épanouissent ensemble ; j'observe leur retour. Les créatures innombrables prolifèrent, et chacune retourne à sa racine »).

[Phrase 3] cuòruìjiěfēnguāngtóngchén。(Il émousse le tranchant, démêle l'embrouillement, adoucit l'éclat et se mêle à la poussière.)

Chapitre 4 · Phrase 3 : cuòruìjiěfēnguāngtóngchén

[Interprétation 1] Traditionnelle · Haute fiabilité

Combinaison : cuòA-ruìA-jiěA-fēnA-A-guāngA-tóngA-chénA
Traduction : (Le Tao) use le tranchant de toutes choses, démêle leurs enchevêtrements, tempère leur éclat et les fond toutes dans la poussière.
Analyse : Cette interprétation traite les quatre expressions comme des descriptions de la fonction du Tao. Par sa puissance informe, le Tao use toute arête vive, résout tout conflit, harmonise toute splendeur et fond toutes choses en une commune simplicité. Cela exprime la fonction transformatrice du Tao — guider tous les extrêmes vers un équilibre harmonieux.
Vues similaires : Wang Bi (« ruìcuòérshāngfēnjiěérláoguāngértóngchénérrǎn » — « Il émousse le tranchant sans blesser, démêle l'enchevêtrement sans effort, adoucit la lumière sans la souiller, se mêle à la poussière sans être contaminé »).
Chapitre 4 · Phrase 3 : cuòruìjiěfēnguāngtóngchén

[Interprétation 2] Traditionnelle · Haute fiabilité

Combinaison : cuòB-ruìA-jiěA-fēnB-B-guāngA-tóngA-chénA
Traduction : (Celui qui cultive le Tao devrait) contenir ses arêtes vives, dissiper son agitation intérieure, adoucir l'éclat de sa sagesse et se fondre dans la poussière du monde commun.
Analyse : Lecture axée sur la cultivation, issue de la tradition de Heshanggong. Les quatre expressions constituent quatre principes de cultivation du Tao : cacher ses talents, dissoudre les conflits, s'abstenir d'exhiber sa brillance et demeurer parmi les gens ordinaires sans s'en distinguer. C'est ce que les générations ultérieures appellent « guāngtóngchén » (adoucir sa lumière et se mêler à la poussière).
Vues similaires : Heshanggong (« cuòruì » — « User ses arêtes vives » ; « hánzhīrénchúmiè忿fènzhēng » — « Une personne de vertu intérieure élimine colère et conflit » ; « suīyǒujiànzhīmíngdānghùnzhòngrén » — « Bien que l'on possède une perspicacité unique, on devrait se fondre dans la foule » ; « dāngzhòngréntónggòuchén » — « On devrait partager la poussière et la crasse des gens ordinaires »).
Chapitre 4 · Phrase 3 : cuòruìjiěfēnguāngtóngchén

[Interprétation 3] Novatrice · Fiabilité moyenne

Combinaison : cuòA-ruìB-jiěA-fēnA-A-guāngA-tóngA-chénA
Traduction : (Le Tao) use les désirs avides et impétueux de toutes choses, dissout leurs conflits, harmonise leur éclat et ramène toutes choses à la simplicité et à la sobriété.
Analyse : Ici, « ruì » est compris comme l'élan impétueux de toutes choses à s'affirmer. La fonction du Tao est de conduire toutes choses de l'agitation à la sérénité, du chaos à l'harmonie, de la splendeur à la sobriété. C'est à la fois un énoncé cosmologique et une philosophie politique implicite — le roi sage transforme tout sous le ciel par le non-agir (wèi).
Vues similaires : Ce passage réapparaît au chapitre 56, où il décrit explicitement la conduite de « celui qui sait » (zhīzhě).

[Phrase 4] zhànshìhuòcún。(Limpide et immobile ! Il semble exister ou ne pas exister.)

Chapitre 4 · Phrase 4 : zhànshìhuòcún

[Interprétation 1] Traditionnelle · Haute fiabilité

Combinaison : zhànA-huòA-cúnA
Traduction : (Le Tao est) limpide et transparent — il semble exister, et pourtant semble ne pas exister.
Analyse : Le Tao est aussi clair et transparent que de l'eau pure, sans la moindre trace ni la moindre impureté, de sorte qu'il paraît osciller entre l'être et le non-être. Cela souligne l'état du Tao — sans forme ni image, et pourtant véritablement réel.
Vues similaires : Heshanggong (« yándàoqīngzhànránshìruòjiàn » — « Cela dit que le Tao est clair et limpide, comme s'il ne pouvait être vu »).
Chapitre 4 · Phrase 4 : zhànshìhuòcún

[Interprétation 2] Traditionnelle · Haute fiabilité

Combinaison : zhànB-huòA-cúnA
Traduction : (Le Tao est) profond et insondable — il semble exister, et pourtant semble ne pas exister.
Analyse : Interprétation dans la tradition de Wang Bi. Le Tao est profond et caché ; il ne peut être directement perçu à travers les phénomènes, aussi ne peut-on que dire qu'il « semble exister ». Cette oscillation entre l'être et le non-être est précisément la nature de la transcendance du Tao au-delà de l'être et du non-être.
Vues similaires : Wang Bi (« zhāngyuēzhànshìhuòcún » — « Sa substance ne se manifeste pas ; c'est pourquoi on dit : "Limpide et immobile, il semble exister" »). Cela fait écho au chapitre 14 : « shìwèizhuàngzhīzhuàngzhīxiàng » (« C'est ce qu'on appelle la forme du sans-forme, l'image du sans-image »).
Chapitre 4 · Phrase 4 : zhànshìhuòcún

[Interprétation 3] Novatrice · Fiabilité moyenne

Combinaison : zhànC-huòA-cúnB
Traduction : (Le Tao est) immergé et caché au regard — et pourtant il semble demeurer là, silencieusement persistant.
Analyse : Ici, « zhàn » est pris comme un emprunt phonétique pour « chén » (sombrer, s'immerger). Le Tao est immergé et dissimulé au sein de toutes choses ; bien qu'il ne montre aucune trace extérieure, il persiste à jamais. Cette interprétation met l'accent sur la caractéristique du Tao comme « caché mais impérissable ».
Vues similaires : Cela se rapproche du chapitre 6 : « miánmiánruòcúnyòngzhīqín » (« Incessant, comme s'il persistait ; son usage est sans effort »).

[Phrase 5] zhīshuízhīzixiàngzhīxiān。(Je ne sais de qui il est le descendant — il semble avoir précédé le Seigneur d'en haut.)

Chapitre 4 · Phrase 5 : zhīshuízhīzixiàngzhīxiān

[Interprétation 1] Traditionnelle · Haute fiabilité

Combinaison : ziA-xiàngA-A-xiānA
Traduction : Je ne sais de qui il est le descendant ; il semble avoir existé avant le Seigneur d'en haut.
Analyse : C'est l'interprétation la plus répandue. Laozi emploie une question rhétorique pour exprimer le statut suprême du Tao : je ne sais d'où vient le Tao ni qui l'a produit ; il semble être plus ancien encore que le Seigneur céleste suprême (tiān). Cela représente une percée majeure dans la philosophie de Laozi : le Tao se situe au-dessus du Seigneur céleste et le précède.
Vues similaires : Wang Bi (« shìzhīxiān » — « N'est-ce pas comme s'il avait précédé le Seigneur d'en haut ? ») ; Heshanggong (« dàozàitiānzhīqián » — « Le Tao existait avant le Seigneur céleste »).
Chapitre 4 · Phrase 5 : zhīshuízhīzixiàngzhīxiān

[Interprétation 2] Traditionnelle · Haute fiabilité

Combinaison : ziA-xiàngA-B-xiānB
Traduction : Je ne sais de qui il est le descendant ; il semble être l'ancêtre de l'ordre cosmique.
Analyse : Ici, « » est compris comme l'ordre cosmique suprême. Le Tao non seulement précède le Seigneur céleste en tant que figure divine, mais est la source même et l'ancêtre de tout ordre — les principes régissant le ciel, la terre et toutes choses trouvent tous leur origine dans le Tao.
Vues similaires : Cela s'accorde avec le chapitre 25 : « yǒuhùnchéngxiāntiānshēng » (« Il y avait quelque chose formé dans le chaos, né avant le ciel et la terre »).
Chapitre 4 · Phrase 5 : zhīshuízhīzixiàngzhīxiān

[Interprétation 3] Novatrice · Faible fiabilité

Combinaison : ziB-xiàngB-C-xiānA
Traduction : Je ne sais quel genre de chose l'a produit ; il avait déjà pris forme avant le tout premier bourgeon de toutes choses.
Analyse : Lecture philologique distinctive. « xiàng » prend le sens de « trace, signe » ; « » est ramené à son sens originel dans le Shuowen Jiezi de « calice floral » — le bourgeon où les choses germent pour la première fois. Le Tao existait avant le tout premier instant de la germination de toutes choses. Cette interprétation fait passer « » d'un concept religieux à un concept naturaliste.
Vues similaires : Discussions similaires par des philologues tels que Gao Heng dans le Laozi Zhenggu (Exégèse correcte du Laozi).
Chapitre 4 · Phrase 5 : zhīshuízhīzixiàngzhīxiān

[Interprétation 4] Traditionnelle · Haute fiabilité

Combinaison : ziA-xiàngA-A-xiānB
Traduction : Je ne sais qui lui a donné naissance ; il semble être l'ancêtre du Seigneur d'en haut.
Analyse : Interprétation dans la tradition de Heshanggong. Le Tao n'a ni parents ni origine ; même le Seigneur d'en haut est un descendant du Tao. Cela proclame sans équivoque la suprématie du Tao — dans le système de croyances de la Chine ancienne, le Seigneur céleste était la divinité suprême, et pourtant le Tao se situe au-dessus même de lui.
Vues similaires : Heshanggong (« dàozàitiānzhīqiányándàozhīlǎo » — « Le Tao existait avant le Seigneur céleste ; cela exprime la grande antiquité du Tao »).

Résumé du chapitre

Ce chapitre contient 17 combinaisons d'interprétation.

[Divergences fondamentales]

Le chapitre 4 est un portrait direct de la nature fondamentale du Tao, utilisant une série de métaphores soutenues pour esquisser ses quatre grandes caractéristiques : vide mais inépuisable dans l'usage (chōngéryíng), profond comme la source originelle de toutes choses (yuānshìzōng), dissolvant toute opposition en harmonie (cuòruìjiěfēnguāngtóngchén), et sans forme mais éternellement présent (zhànshìhuòcún). La phrase finale, « xiàngzhīxiān » (« il semble avoir précédé le Seigneur d'en haut »), est une déclaration philosophique capitale — le Tao précède le Seigneur céleste, libérant la pensée chinoise d'un cadre religieux pour l'élever au domaine de la philosophie. Les divergences interprétatives se concentrent sur deux dimensions principales : (1) Wang Bi privilégie une lecture ontologique, traitant l'ensemble du chapitre comme une description de la nature essentielle du Tao — vide, profond, harmonisant, caché ; (2) Heshanggong privilégie une lecture axée sur la cultivation, où « chōngéryíng » enseigne l'humilité, « cuòruìjiěfēn » enseigne le recel de ses talents, et « guāngtóngchén » enseigne à ne pas se distinguer des gens ordinaires. Les deux interprétations ne sont pas contradictoires mais reflètent la double nature de « le Tao prend modèle sur le naturel » (dàorán) — le Tao est à la fois l'état spontané du cosmos et le paradigme suprême que le pratiquant imite.

Annexe : Glossaire des caractères clés

dào
A. [n.] Source primordiale et substance fondamentale de toutes choses dans l'univers
Source : Concept central de la philosophie de Laozi. Shuowen Jiezi : « dàosuǒxíngdào » (Le Tao est le chemin que l'on emprunte). Étendu au sens d'origine de toutes choses.
B. [n.] Loi ; principe ; règle
Source : Sens étendu. Les principes régissant le fonctionnement de l'univers.
chōng
A. [adj.] Vide ; creux
Source : Wang Bi : « chōng » (chōng signifie vide). Heshanggong : « chōngzhōng » (chōng signifie creux/centre). Prenant le sens de vide creux.
B. [adj.] Jaillissant ; coulant sans cesse
Source : Shuowen Jiezi : « chōngyǒngyáo » (chōng signifie jaillir et osciller). Le sens de l'eau jaillissant en avant.
C. [adj.] Harmonieux et humble ; doux et équilibré
Source : Sens étendu. Portant le sens de justesse, de douceur et d'humble harmonie.
huò
A. [adv.] Peut-être ; possiblement
Source : Exprimant l'incertitude ; particule modale.
B. [adv.] Toujours ; constamment
Source : Certains spécialistes soutiennent que « huò » est un emprunt phonétique pour « huò » ou doit se lire comme « yòu », prenant le sens de « toujours ». Le commentaire de Wang Bi implique l'inépuisabilité de l'usage.
yíng
A. [v.] Remplir ; déborder
Source : Shuowen Jiezi : « yíngmǎn » (yíng signifie un récipient rempli à ras bord). Sens originel.
B. [adj.] Suffisant ; vaniteux
Source : Sens étendu. Le sentiment de contentement vaniteux. Zuo Zhuan : « jiéyíng » (« Ils sont épuisés tandis que nous sommes en pleine vigueur »).
C. [v.] Épuiser ; tarir
Source : Sens étendu. Être utilisé jusqu'à l'épuisement. Heshanggong : « dàoyòngzhīrénhuònéngmǎnyíngzhě » (« Quand le Tao s'applique aux affaires humaines, il ne peut peut-être pas devenir plein et débordant »).
yuān
A. [adj.] Profond et insondable
Source : Xiao Erya : « yuānshēn » (yuān signifie profond). Sens de base.
B. [n.] Bassin profond ; abîme
Source : Sens originel. Shuowen Jiezi : « yuānhuíshuǐ » (yuān signifie eau tourbillonnante). Un bassin d'une profondeur insondable.
C. [n.] Lieu où convergent les êtres ou les choses
Source : Sens étendu. « yuānsǒu » (un lieu de rassemblement) ; représentant l'endroit où toutes choses convergent.
A. [part.] Particule exclamative exprimant l'émerveillement ou l'emphase
Source : Utilisée à l'intérieur ou à la fin d'une phrase pour exprimer l'exclamation ou l'admiration.
shì
A. [v.] Ressembler à ; sembler ; comme si
Source : Shuowen Jiezi : « shìxiàng » (shì signifie ressembler). Exprimant une comparaison incertaine.
zōng
A. [n.] Ancêtre ; racine ; origine
Source : Shuowen Jiezi : « zōngzūnmiào » (zōng signifie le temple ancestral). Étendu au sens de source originelle de toutes choses.
B. [n.] Souverain ; maître ; autorité suprême
Source : Sens étendu. L'objet de vénération et d'émulation.
C. [n.] Lieu de convergence ; point vers lequel toutes choses retournent
Source : Livre des Documents, « Tribut de Yu » : « jiānghàncháozōnghǎi » (« Le Yangtsé et le Han rendent hommage à la mer »). Portant le sens de rassemblement et de retour.
cuò
A. [v.] User ; émousser ; diminuer
Source : Shuowen Jiezi : « cuòcuī » (cuò signifie briser). Heshanggong : « ruìwèihàigōngzhúzhě » (« Tranchant désigne ceux qui poursuivent agressivement le gain »).
B. [v.] Contenir ; retenir ; garder dissimulé
Source : Sens étendu. Ne pas révéler son tranchant ; se maintenir avec retenue.
ruì
A. [n.] Tranchant ; arête vive ; esprit combatif
Source : Shuowen Jiezi : « ruìmáng » (ruì signifie une pointe acérée). La pointe acérée d'une lame. Étendu au sens du tranchant du talent et de l'ambition.
B. [adj.] Vif et impétueux ; avide de s'affirmer
Source : Sens étendu. Un empressement à se mettre en avant. Mencius : « jìnruìzhě退tuì » (« Ceux qui avancent impétueusement reculent tout aussi vite »).
jiě
A. [v.] Démêler ; résoudre ; dissoudre
Source : Sens de base. Dénouer les conflits et les enchevêtrements.
fēn
A. [n.] Conflit ; querelle ; discorde
Source : Sens étendu. Désignant les querelles et le désordre. Heshanggong : « fēnjiéhèn » (« fēn signifie ressentiment noué »).
B. [n.] Enchevêtrement ; complexité ; profusion
Source : Sens étendu. L'état des choses enchevêtrées et chaotiques.
A. [v.] Harmoniser ; mêler ; tempérer
Source : Sens de base. Mettre en accord des choses différentes.
B. [v.] Adoucir ; voiler ; atténuer
Source : Heshanggong : « suīyǒujiànzhīmíngdānghùnzhòngrén » (« Bien que l'on possède une perspicacité unique, on devrait se fondre dans la foule »). Adoucir son éclat pour ne pas éblouir.
guāng
A. [n.] Lumière ; éclat ; brillance
Source : Sens originel. Heshanggong : « suīyǒujiànzhīmíng » (« Bien que l'on possède une perspicacité unique »). Désignant l'éclat de la sagesse ou du talent.
tóng
A. [v.] Se fondre dans ; s'identifier à ; ne faire qu'un avec
Source : Se fondre dans le monde commun et ne faire qu'un avec lui. Heshanggong : « dāngzhòngréntónggòuchén » (« On devrait partager la poussière et la crasse des gens ordinaires »).
chén
A. [n.] Poussière ; le monde profane
Source : Le sens originel désigne la poussière. Étendu au sens du monde séculier et quotidien.
zhàn
A. [adj.] Limpide ; clair ; transparent
Source : Sens originel. Shuowen Jiezi : composé phono-sémantique avec l'eau (shuǐ). Xie Hun : « shuǐzhànqīnghuá » (« L'eau et les arbres sont d'une limpidité pure et splendide »).
B. [adj.] Profond ; insondable
Source : Sens étendu. Fengshen Yanyi : « yǎnjīngbàozhàn » (« Yeux profondément enfoncés »). Trop profond pour être vu.
C. [v.] Sombrer ; s'immerger ; se dissimuler
Source : Lecture alternative dān/chén. Emprunt phonétique pour « shěn » (chén, sombrer) ; portant le sens de s'enfoncer et de se cacher. Certaines éditions rendent « zhànshìhuòcún » comme « immergé et caché, il semble exister et pourtant semble ne pas exister ».
cún
A. [v.] Exister
Source : Sens de base.
B. [v.] Perdurer ; persister ; demeurer
Source : Sens étendu. Bien que le Tao ne puisse être vu, il perdure à jamais et ne s'éteint jamais.
A. [pron.] Je ; moi
Source : Pronom de la première personne. Laozi se désignant lui-même.
shuí
A. [pron.] Qui ; quel
Source : Pronom interrogatif.
zi
A. [n.] Fils ; descendant ; postérité
Source : Sens de base. Ici employé métaphoriquement — le Tao en tant que descendant d'un parent ou d'une origine.
B. [n.] Produit ; dérivé
Source : Sens étendu. Qu'est-ce qui a produit le Tao ?
xiàng
A. [v.] Ressembler à ; sembler ; comme si
Source : Emprunt phonétique pour « xiàng » (ressembler). Comme s'il existait avant quelque chose.
B. [n.] Image ; signe ; trace
Source : Extension du sens originel. Portant le sens de « modèle » ou « patron ». Livre de Yu (dans le Livre des Documents) : « xiàngdiǎnxíng » (« Utiliser des images pour montrer les châtiments exemplaires »).
A. [n.] Le Seigneur céleste ; le Seigneur d'en haut ; Dieu
Source : La divinité suprême de la Chine ancienne. Zihui : « shàngtiānzhīshén » (« est le Seigneur d'en haut, l'esprit du Ciel »).
B. [n.] Le Ciel ; la Voie céleste
Source : Sens étendu. Représentant l'ordre naturel suprême ou la puissance souveraine.
C. [n.] Calice floral ; bourgeon primordial
Source : Shuowen Jiezi : le caractère est un pictogramme d'un calice floral. Certains spécialistes soutiennent qu'ici « » prend son sens pictographique originel, désignant le bourgeon où les choses germent pour la première fois.
xiān
A. [n.] Avant ; antérieur à
Source : Antériorité temporelle. Avoir existé avant le Seigneur d'en haut.
B. [n.] Ancêtre ; aïeul
Source : Sens étendu. Le Tao est l'ancêtre du Seigneur d'en haut.